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Le bouffon qui était roi

Pascal Broulis, par ses acrobaties fiscales, a réussi l’exploit en quelques semaines de fracasser en mille morceaux une carrière politique patiemment construite pendant des années, et à réduire au ridicule le bilan de sa quinzaine d’années au Conseil d’État vaudois. Pour toutes les personnes qui, à gauche, se sont opposées dès le départ à ses politiques et à l’incarnation qu’il leur donnait, c’est évidemment un moment fort joyeux. Il sert aussi de révélateur à l’insondable stupidité du personnage, incapable de comprendre ce qu’on lui reproche, tout comme il avait été incapable de comprendre il y a quelques années que son aventure fédérale le couvrirait – déjà – de ridicule.

Derrière les bouffonneries du grand argentier gît cependant une question plus grave, qui touche à l’exemplarité des élu·e·s. Ils et elles ne peuvent se contenter de respecter la loi (même si certain·e·s n’atteignent pas même ce standard minimal, comme on sait…), mais doivent faire preuve d’un attachement particulier aux règles collectives et à leur esprit. On se souvient de la polémique qui, aux États-Unis, avait accompagné le refus de Donald Trump de révéler ses déclarations fiscales. Aujourd’hui, Broulis se comporte comme un Trump au petit pied, sachant sans doute pertinemment que la diffusion de l’ensemble de ses déclarations aurait un potentiel explosif, en montrant aux yeux de tou·te·s comment les riches et leur porte-parole considèrent leur rapport à la collectivité: justifier leurs «optimisations» par quelques arguties juridico-fiscales et laisser payer les autres.

Ces personnes sont indésirables à la tête de l’État car elles y apportent des idées nuisibles au service public et au sens de la collectivité. Au ridicule, dont il s’est fort bien chargé tout seul, il faut désormais ajouter la honte dans le casier moral de Pascal Broulis, et lui rappeler que la seule porte de sortie honorable qui lui reste est la démission (mais, confirmant notre jugement sur sa personne, il est à peu près certain qu’il ne saura même pas la reconnaître).

La rédaction

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