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Où sont les femmes ?

Stéphanie Pache •

La lutte contre les discriminations entre les sexes est malheureusement rarement un des objectifs répertoriés dans les différents codes de conduite et chartes dont se glorifient les entreprises voulant paraître «éthiques». Dans le meilleur des cas, certaines mettent en avant la proportion de femmes salariées ou de cadres employées et leur ouverture à engager des femmes.

Dès que l’on cherche des résultats plus concrets et que l’on a des revendications plus conséquentes, il devient difficile de trouver une entreprise prête à s’y engager. Ainsi, l’égalité des salaires ou la prise en charge de la garde des enfants par les entreprises n’est pas à l’ordre du jour de leurs initiatives. Cela ne provoque pas de surprise évidemment, la problématique des discriminations entre hommes et femmes n’est pas le sujet préféré des élites, quelles soient politiques ou économiques, et toujours largement composées d’hommes.

Domination systémique

Bien plus, l’exploitation des travailleuses fait partie de notre système économique et nous pouvons parler d’une véritable dynamique de renforcement mutuel. Les femmes représentent une part très importante des catégories de salarié-e-s les plus précaires partout dans le monde et en particulier dans les pays pauvres. UNIFEM, le Fonds de développement des Nations Unies pour les femmes, estime que les trois quarts des personnes vivant avec moins d’un dollar par jour sont des femmes.

Parallèlement à cette mondialisation économique, le développement du capitalisme s’accroît et de nombreux services publics sont privatisés. Ce phénomène aggrave encore la situation des femmes qui non seulement sont traitées comme de la main-d’œuvre jetable, mais qui en outre ont de moins en moins accès à des aides sociales.

Que peut la «responsabilité sociale des entreprises» pour les femmes?

L’égalité entre les sexes ne fait pas partie des principes explicites de l’initiative Global Compact. Mais on peut supposer qu’elle est implicite car les principes se réfèrent à la déclaration des droit humains et sont inspirés d’autres chartes où cet objectif est mentionné. Dans le cas de Global Compact, la prise en compte des problèmes liés aux sexes représenterait un test parlant pour évaluer l’efficacité et la sincérité des entreprises engagées. Si elles veulent en effet nous faire croire qu’elles sont conscientes de leur rôle social, cet objectif est crucial.

Nous doutons cependant qu’elles diminuent leur bénéfices pour promouvoir des principes égalitaires. Car prendre en compte les problèmes des travailleuses, c’est les payer correctement, garantir une sécurité de l’emploi et du salaire en cas de maternité et surtout sortir les employées du travail au noir et donner des contrats, ce qui permet l’expression des revendications et rend utile le regroupement en syndicats.

Publié dans Pages de gauche n° 63 (janvier 2008).

webmaster@pagesdegauche.ch

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