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Se nourrir de produits du pays et de saison

Se nourrir de produits du pays et de saison, cultivés et récoltés avec soin et amenés par le producteur au marché : tel est l’enjeu de l’agriculture contractuelle. Plutôt que d’aller dans un supermarché anonyme acheter des fruits et légumes dont on ne sait pas grand chose sur les conditions de production, et qui ont souvent parcouru des milliers de kilomètres pour arriver en Suisse, de plus en plus de gens s’organisent afin de se procurer leurs aliments de base de façon locale et solidaire. En Suisse romande, les initiatives se multiplient : Les Jardins de Cocagne ou l’Affaire TourneRêve à Genève, les Jardins du Flon à Lausanne, le Lopin bleu à Neuchâtel, Notre panier bio à Fribourg, et des dizaines d’autres en Suisse romande. Pour Julien, jeune lausannois inscrit aux Jardins du Flon :  « C’est plus agréable de se fournir chez des petits paysans que chez ces parasites de la grande distribution ».

Des légumes toute l’année

La formule la plus répandue consiste à s’inscrire dans une coopérative et à « s’abonner » à un panier de légumes qui arrive une fois par semaine. Dans ce panier se trouve la production hebdomadaire du paysan, dépendante des conditions de production : météo, etc. Surtout, c’est l’occasion de faire découvrir et partager des productions oubliées ou négligées par la grande distribution. « Ce qui est chouette c’est que ça t’oblige à manger toutes sortes de légumes, et tu dois aussi te creuser la tête pour savoir comment les préparer ! » s’enthousiasme Julien.

Pour le producteur, c’est la possibilité d’avoir un contact direct avec les consommateurs, ce qui permet de les rendre attentifs aux conditions de production et à la rémunération du travail agricole. En ce sens, ces initiatives sont soutenues notamment par le syndicat agricole Uniterre, et elles ont donné lieu à la création d’une Fédération romande de l’agriculture contractuelle de proximité (voir encadré). Elles permettent également de rendre attentif au travail des petits producteurs indépendants, au-delà des paysans : pêcheurs, bouchers, boulangers, etc.

Le succès est tel que pour plusieurs initiatives, les listes d’attente s’allongent et l’on cherche de nouveaux producteurs. Ces initiatives témoignent en tout cas que la recherche d’une qualité de vie qui passe par la qualité du travail et la production dans des conditions écologiques et sociales dignes n’est pas une utopie, mais est réalisable concrètement ici et maintenant.

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