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Décroissance ou Barbarie… ou Eco-socialisme?

Le capitalisme est le système économique dominant à l’échelle de la planète. Il n’existe pas actuellement de système concurrent qui pourrait le freiner. Son extension a des conséquences désastreuses sur les humains et sur la nature. La plupart des êtres humains sont des travailleur/se-s soumis, à un rapport salarial qui est un rapport d’aliénation (absence de contrôle sur son travail) et d’exploitation. Le capitalisme repose sur une base «fossile» (économie liée au pétrole) qui explique la destruction de la nature. La croissance économique est ainsi limitée par l’épuisement grandissant des ressources naturelles et par une pollution croissante de la biosphère, dont un des aspects les plus dramatiques est le réchauffement climatique. A la crise sociale, s’ajoute donc une crise environnementale, qui a pris des dimensions désormais globales.

Deux impasses

Face à cette crise, la gauche s’en est souvent tenue à une fausse alternative : la décroissance autoritaire, ou le «réformisme de croissance». La première vise à soumettre l’économie à une direction centralisée qui viserait résoudre les problèmes environnementaux par une frugalité imposée. Cette option est radicalement anti-démocratique et anti-sociale. La simple décroissance du produit intérieur brut (PIB) imposée par en haut, ainsi que la restriction autoritaire de la consommation, ne sauraient constituer un projet socialiste.

A l’inverse, depuis les «trente glorieuses», la gauche de gouvernement s’en est tenue à un projet politico-économique que l’on peut qualifier de «réformisme de croissance». Ce projet politique concentre la bataille sur la répartition de la richesse supplémentaire créée, sans se battre sur l’organisation même de la production. Cette option est fondamentalement défensive (et en tant que telle, elle doit être soutenue en basse conjoncture) mais elle ne peut pas constituer un projet politique de transformation radicale.

Une transformation radicale

Il est donc important de réfléchir à un projet de société différent, qui ne confondrait plus croissance et développement. Les partisans de la «décroissance» proposent de réduire drastiquement notre production et notre consommation. Il est essentiel de critiquer avec eux la recherche de la croissance pour la croissance. Le projet qu’ils esquissent, basé sur une libération du travail et une critique des besoins imposés par la société de consommation, converge avec un projet de transformation radicale de la société. Mais, s’en tenir à une critique de la croissance ne suffit pas, et peut même se révéler contre-productif. Il faut opérer une double critique. Premièrement, il s’agit de montrer que la croissance infinie, et ses conséquences sur l’environnement, sont le résultat nécessaire d’un système fondé sur la propriété privée, l’accroissement de la valeur et du profit: le capitalisme. Deuxièmement, il est urgent de montrer qu’il peut exister une base sociale prête à se battre pour transformer ce système. Constituée de toutes celles et ceux qui subissent les conséquences de ce système économique dans leur travail, dans leurs vies (loisirs, consommation) et dans leurs corps (santé,…).

Ce dossier propose des éléments de réflexion sur un projet de transformation sociale, s’articulant autour de notions comme la libération du temps de travail, réappropriation de la production, autonomie, richesse sociale, habitabilité. Cet «éco-socialisme» permet de sortir d’une logique de propriété réduisant tout à la valeur économique, et ouvre ainsi le champ des pensables et des possibles.

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