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Achat de nouveaux avions de combat : crash assuré…

Léo Tinguely •

Courses de ski du Lauberhorn, WEF ou encore JOJ, les occasions de faire pétarader des avions de combat dans notre ciel n’auront pas manqué cet hiver. Mais en lieu et place des actuels F/A-18 de l’armée, c’est peut-être à la vue de nouveaux avions bien plus high-tech que nous pourrons bientôt nous extasier. Ceci à l’unique condition que le peuple suisse accepte l’enveloppe de 6 milliards prévue à cet effet par le Conseil fédéral le 17 mai prochain. 

Pour rappel, les forces aériennes de l’armée suisse se composent de 25 F/A-18 acquis en 1997 ainsi que de 25 Tiger F5 achetés en 1976. En cas de oui le 17 mai, les Tiger F5 passeront à la casse (l’expression reste relative puisque l’armée américaine pourrait prochainement les racheter) et seront remplacés par de nouveaux appareils. Leurs remplaçants restent à ce jour inconnus et c’est à l’aveugle et uniquement sur un montant que les Suisse·sse·s devront se prononcer. Type, nombre, pays d’origine et coût réel : le projet actuel ne comporte pas une once de transparence. Après le crash brutal du projet Gripen en 2014, l’expertise militaire est confisquée au peuple pour devenir unique propriété de l’État-major. 

Pour de nombreuses raisons, cet achat représente une absurdité. 

Du point de vue de son utilité tout d’abord, il est essentiel de rappeler que le scénario d’une guerre conventionnelle frappant la Suisse tient aujourd’hui du pur fantasme. Et que dans tous les cas, l’armée suisse s’avérerait parfaitement désemparée. 

Financièrement ensuite, le montant du chèque en blanc sur lequel se prononce le peuple s’avère trompeur puisque à l’entretien, c’est plus de 24 milliards que ces avions coûteront durant leur durée d’exploitation, soit trois fois plus que le projet refusé par le peuple il y a six ans. 

Finalement écologiquement et après plus d’une année de mobilisation pour le climat, l’achat s’avère aberrant lorsqu’on sait qu’une heure de vol engendre le même bilan carbone qu’un tour entier de notre planète réalisé en voiture. 

À l’heure où les priorités se trouvent partout ailleurs, il est primordial de s’opposer à l’achat d’avions coûteux, inutiles et écologiquement catastrophiques.

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