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Tamedia

À première vue, nous aurions toutes les raisons de nous réjouir de la politique suicidaire de Tamedia à l’égard de ses quotidiens romands. 24 Heures et La Tribune de Genève montrent en effet depuis longtemps une telle servilité à l’égard des pouvoirs en place, quand ils ne se font pas simplement les porte-parole des gouvernements cantonaux, que leur disparition n’ôterait à la vérité pas grand chose au débat démocratique. Autant lire la Feuille des avis officiels, au moins il n’y a pas tromperie sur la marchandise.

Il faut aussi relever qu’un journal dont on attend une rentabilité quelconque – qui plus est lorsque ses propriétaires l’attendent à 15% – est par définition un mauvais journal. Tout bénéfice réalisé doit, si l’on est sérieux, être investit dans le journal lui-même, dans des postes de journalistes, dans les infrastructures, par la création de nouvelles rubriques ou de nouveaux titres, etc. Les possibilités ne manquent pas. Il fut un temps où même la droite le savait, consciente du rôle idéologique déterminant des titres qui lui étaient liés (la NZZ ou le Journal de Genève en Suisse, le Financial Times en Angleterre, Le Figaro en France, le Corriere della Sera en Italie, pour ne prendre que quelques exemples).

À gauche, la question ne se pose pas puisque les titres ont toujours dû être soutenus pas des organisations ou par des dons militants. Aujourd’hui en Suisse, le plus urgent, c’est donc de soutenir les rares publications qui résistent: Le Courrier, la WoZ, Le Peuple valaisan et quelques autres encore (Pages de gauche a aussi besoin d’augmenter ses ventes, au passage…).

Malgré tout cela, ce qui se passe dans les quotidiens romands ne peut nous réjouir. La qualité désastreuse de la presse cantonale, à l’exception très notable de La Liberté, qui – comme par hasard – est le seul quotidien à maintenir ses ventes depuis plusieurs années, est due au moins autant aux mauvaises conditions de travail de leurs journalistes qu’à l’égarement politique de leurs rédactions en chef. Par conséquent, à 24 Heures et à La Tribune de Genève, le combat est désormais syndical. Comme nous défendons les droits des salarié·e·s de la RUAG, de Novartis ou d’EMS Chemie lorsqu’ils sont attaqués, sans se préoccuper des saloperies que ces entreprises produisent, il doit en être de même pour les titres de Tamedia!

La rédaction

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